María Hernández Carretero
2023-2024
Tomás y Valiente fellow
MIAS-UAM
Explorer la production de la dévalorisation, de l’exploitation et de l’exclusion dans les relations entre l’extraction des ressources naturelles et les migrations.
María Hernández Carretero est anthropologue et chercheuse en migration, avec une formation en sociologie ainsi qu’en développement international et en études sur la paix. Elle est titulaire d’un doctorat de l’Université d’Oslo et de diplômes de l’Université McGill et de l’Université de Tromsø, en Norvège.
Ses principaux travaux de recherche portent sur les migrations sénégalaises vers l’Espagne, sujet sur lequel elle mène depuis 2007 des recherches ethnographiques approfondies au Sénégal et en Espagne. Ses recherches ont notamment porté sur les politiques et mesures européennes et espagnoles de contrôle des frontières dans l’espace frontalier euro-africain ; les perceptions, par les personnes envisageant de migrer, des risques associés aux parcours migratoires dangereux et non autorisés ; les dynamiques transnationales entre les migrants en Espagne et leurs proches au Sénégal ; ainsi que les processus d’irrégularisation et autres formes d’exclusion racialisée des migrants en Espagne.
Elle a également mené des recherches sur l’accueil des nouveaux arrivants en Norvège, notamment sur les approches de l’État et l’engagement de la société civile. Elle a été membre de la Casa de Velázquez en 2021-2022.
Projet de recherche
Ce projet explore les relations entre l’extraction transnationale des ressources naturelles et la production racialisée d’une main-d’œuvre exclue, dévalorisée et exploitable. Il s’appuie sur une étude ethnographique du cas de l’exploitation étrangère des ressources maritimes sénégalaises (principalement les ressources halieutiques) et des flux migratoires non autorisés vers l’Europe qu’elle contribue en partie à favoriser.
Le projet part de l’hypothèse que la production de migrants en situation d’irrégularité en tant que main-d’œuvre bon marché, flexible et exploitable résulte en partie de l’exploitation étrangère et de l’épuisement des ressources naturelles (ici, maritimes) qui constituaient autrefois les moyens de subsistance traditionnels de leurs communautés. En interrogeant cette relation, le projet étudie la manière dont l’exclusion et l’exploitabilité sont produites à l’Anthropocène, ainsi que leurs conséquences pour les êtres humains et la nature. Ce faisant, il questionne les conceptions de la vie, de la valeur et du care qui sous-tendent les processus de dévalorisation (racialisée) permettant les formes d’exclusion (de la subsistance, de la mobilité, des droits, du care et de la reconnaissance) et d’exploitation qu’il examine.
Sélection de publications
- 2023. Hernández-Carretero, M. “The Anti-Politics of Inclusion: Citizen Engagement with Newcomers in Norway”. Social Anthropology/Anthropologie Sociale, 31 (1), pp. 48-66.
- 2017. Hope and uncertainty in Senegalese migration to Spain: taking chances on emigration but not upon return. In Kleist, N. and Thorsen, D. (Eds.), Hope and Uncertainty in Contemporary African Migration (pp. 113-133). New York: Routledge.
- 2016. Leaving to belong: migration, transnational connectedness and social becoming. Ph.D.Thesis. Department of Sociology and Human Geography, Faculty of Social Sciences, University of Oslo.
- 2015. Renegotiating Obligations through Migration: Senegalese Transnationalism and the Quest for the Right Distance, Journal of Ethnic and Migration Studies, 41(12): pp. 2021-2040.
- 2012. Hernández Carretero M. and Carling J. , Beyond «Kamikaze Migrants»: Risk Taking in West African Boat Migration to Europe, Human Organization, 71(4): pp. 407-416.






