Laurie-Anne Laget

2022-2023

Délégation accompagnée d’un enseignant-chercheur vers les EFE – Casa de Velázquez

Sorbonne Université, IUF

La vie littéraire comme pratique sociale : réseaux et sociabilités intellectuels dans les années vingt et trente

Actuellement Maîtresse de conferences à Sorbonne Université, où elle a été directrice adjointe de l’UFR d’Études ibériques et latino-américaines (2018-2022), Laurie-Anne Laget est ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Fontenay Saint-Cloud, 1999-2003) et a été membre de la Casa de Velázquez entre 2007 et 2009. Agrégée d’espagnol (2002), elle a obtenu sa thèse en 2009 à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris III (2009). Elle a participé à deux projets de recherche financés en France et en Espagne. Depuis 2018, elle est également secrétaire générale de la Société des Hispanistes français. Enfin, depuis 2019, elle est membre “junior” de l’Institut universitaire de France.

Ses travaux de recherche portent sur les thématiques suivantes : les arts et littératures d’avant-garde, les réseaux intellectuels, la sociabilité littéraire et la méditation culturelle, la traduction et les phénomènes de transferts culturels ou encore les rapports entre littérature et presse.

 

Projet de recherche

Ce projet part de l’idée que l’œuvre littéraire est un processus d’élaboration entouré de multiples formes de médiatisation. Si l’histoire littéraire a traditionnellement privilégié une approche textualiste, en partant du principe que son seul object était le texte littéraire — associé de façon plus ou moins problématique avec la figure de l’auteur —, d’autres méthodologies se sont fait jour depuis la seconde moitié du XXe siècle comme la sociologie de la littérature (Escarpit, 1958; Dubois, 1978; Bourdieu, 1966 et 1992), la théorie des « mondes de l’art » (Becker, 1982) et, plus récemment, celle des réseaux littéraires (de Marneffe et Denis, 2006). Ces approches envisagent la littérature comme un travail collectif et visent à comprendre les interactions sociales qui assurent le fonctionnement de la vie littéraire. Explorer ce que l’on pourrait appeler les coulisses de la littérature implique un changement de perspective essentiel : plutôt que d’élaborer une histoire littéraire comme un récit centré sur le résultat (les œuvres publiées par tel auteur à telle époque), il s’agit de se placer dans la logique du fonctionnement de la vie littéraire comme un travail d’élaboration collectif, ce qui nous invite également à adopter une perspective transnationale.

Le sens de ce projet est de repenser la vie littéraire de l’entre-deux-guerres, en analysant l’ensemble des pratiques sociales et la circulation de discours spécifiques autour de la création littéraire, en Europe et dans les Amériques. Il s’agit de rendre visibles non seulement des agents culturels autres que les créateurs — notamment, les multiples figures de médiateurs culturels (éditeurs, critiques, journalistes, traducteurs ou libraires) —, mais aussi les rouages de la vie littéraire dans ses lieux, ses milieux et ses réseaux, qui sont autant de facteurs déterminants dans le travail social de la production culturelle et qui, malgré leur importance dans les processus de création, ont été sous-estimés dans le discours des historiographies plus traditionnelles.

 

Sélection de publications

- « “Bienvenue soyez-vous, messieurs”: la modernidad literaria española en la crítica francófona de los años veinte », in Jordi Gracia et Domingo Ródenas de Moya (éd.), Las dos modernidades. Edad de Plata y transición cultural en España, Madrid, Visor Libros, 2021, pp. 105-136.

- « The Spanish Center of the International PEN through its first Sumiller: from a project of international solidarity to an expression of the tensions of the literary society of Madrid », in Diana Roig-Sanz et Jaume Subirana (éd.), Cultural Organisations, Networks and Mediators in Contemporary Ibero-America, New York, Routledge, 2020, pp. 200-212.

- «El “verdadero portaestandarte ultraico”: Guillermo de Torre como artífice de una red transnacional del ultraísmo », Ínsula, nº 876 (Dossier “Ultra, al siglo”, coord. Domingo Ródenas de Moya), 2019, pp. 14-18.

- « Cómo Gómez de la Serna se hizo RAMÓN. Trayectoria de un proyecto estético », Les Ateliers du SAL, nº 13, 2018, pp. 109-127.

- « Entrer en collection pour devenir écrivain professionnel : le cas des romanciers espagnols dans les collections de nouvelles du début du XXe siècle », in Christine Rivalan Guégo et Miriam Nicoli (dir.), La collection, essor et affirmation d’un objet éditorial, Rennes, PUR, 2014, pp. 61-72.

- La fabrique de l’écrivain. Les premières “greguerías” de Ramón Gómez de la Serna (1910-1923), Madrid, Casa de Velázquez, 2012

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08/05/2018 - 23min 17s - Espagnol